Journal d'artiste en Février

31/01/2019

Lorsque j'ai lancé mon blog en journal d'artiste en septembre dernier, j'ai mentionné le fait que mon travail était finement engagé.

J'entends par là, que certains de mes travaux font référence à des comportements sociaux que je considère comme aliénants et que j'interroge, sans pour autant vouloir imposer mon jugement.

Je me suis intéressée aux canons de beauté féminins occidentaux contemporains.

Les canons de beauté entraînent inévitablement des conditionnements de pensée et le développement de standards : maquillage, vêtements… qui appartiennent à chaque époque.

Ce qui m'intéresse et inspire mon travail, ce sont les dérives qui en résultent. 

Ce besoin de se conformer aujourd'hui entraîne la consommation certes, et son diable : la trop connue surconsommation. Qui dit surconsommation, dit comportement compulsif compensatoire, addiction, voire folie… De toutes ces conséquences en comportements psychologiques, je relèverai deux dérives :

D'une part, le recours irraisonné à la chirurgie esthétique, dans l'idée fallacieuse de se créer un masque sur mesure. D'autre part, le tristement célèbre Black Friday qui, par des hystéries collectives, vient renforcer la volonté de paraître.

Sleep Mask_screen on aluminium plate
Sleep Mask_screen on aluminium plate

J'ai alors symbolisé ces phénomènes par des instruments iconographiques : mascara, rasoir, pince à épiler…  En référence à l'instrumentalisation de la pensée. J'ai doté ces icônes de bouts plus pointus qu'ils ne le sont en réalité. Parce qu'à force de micro-chirurgie esthétique, on en vient à se blesser… A voir ici.

Enfin, si je dis finement engagée, c'est parce que je ne souhaite pas m'inscrire dans un art militant, mais suggérer une possible révolte pour sortir de ce type de conditionnement. Peut-être aussi parce que, comme Dominique Rolin, je partage  « le goût pour la vérité psychologique » ? 

C'est-à-dire comprendre les mécanismes de la pensée et comprendre les conditionnements, pour alors être libre de les changer.

 Au final, je tiens beaucoup trop à ma démarche esthétique et poétique pour faire des considérations politiques le cœur de mon travail artistique. La joie que procure la recherche esthétique est une poésie éternelle.

Au fait ! "Tout cela n'a rien à voir avec moi "...

DIKTATS (of beauty).