Journal d'artiste en Mars

02/03/2019

Tout ce qui brille n'est pas or… Un matin, je me suis réveillée avec la nécessité urgente de tout couvrir d'or riche iridescent. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais plus comment je me sentais ce jour-là, mais guidée par cette pulsion, j'ai commencé à recouvrir systématiquement d'anciennes toiles expérimentales sans valeur.

J'ai alors entamé une quête obsessionnelle de vieilles toiles - mes déchets - et à les couvrir d'or sur toutes leurs faces.

Jour après jour, de plus en plus de toiles dorées reflétaient la lumière du soleil, conférant une atmosphère mystique à mon atelier-laboratoire. Désormais, ces œuvres bénéficiaient d'une chance inédite d'exister vraiment. 

Elles étaient à la fois brillantes et écœurantes, lumineuses et aveuglantes. J'aimais ces effets ambivalents. La couleur or, tout comme la lumière, procure la joie mais à l'excès, elle peut aussi éblouir, aveugler et dégoûter.

Je pense alors aux objets sans valeur, embellis pour la vente par de beaux emballages "marketing" et qui ont subit des restaurations faciles, parfois réussies et appréciables, parfois atroces et misérables. Je pense à la notion de déchet elle-même, et à son potentiel de recyclage. J'aime recycler : j'ai comme un pouvoir de résurrection entre mes mains. Je redonne la vie, une vie meilleure, un "upgrade".

Dans ce travail, j'ai mis le pouvoir par l'apparence, le pouvoir par la possession, le Roi Soleil, la cupidité, les cultes, le Veau d'or, le recyclage, la résurrection, l'esthétique, le divin, l'exagération, la valorisation… 

Entre or véritable et fausse dorure : telle est l'histoire de cet ensemble de déchets couverts d'or. Ce travail conceptuel & autobiographique est composé d'une installation, de sérigraphies et d'une vidéo - à découvrir ce mois-ci sur mon blog.