Journal d'Artiste en Novembre

31/10/2018

Ce soir, m'est venue l'envie d'écrire à propos de la créativité. D'une part, elle est une notion galvaudée et d'autre part, elle m'est chère et essentielle au quotidien.

Il existe des centaines de définitions du mot "créativité" et même pas mal de définitions antagonistes. C'est normal, puisqu'elle est éminemment subjective. On cherche à l'objectiver, probablement parce qu'elle recèle une certaine dose de mystère et de liberté. On veut la contenir, la catégoriser, la profiler… on cherche des "créatifs" dans les entreprises, on cherche des artistes originaux qui proposent des nouveautés, et qui produisent comme des machines à idées, des machines à dessin… pour répondre aux lois du marché, qui n'a pas de patience.

Dans Seven days in the Art world, la sociologue et historienne de l'Art Sarah Thornton raconte l'épuisement de l'artiste japonais Murakami hospitalisé pendant 10 jours pour "stress de création", un épuisement. 

Cette histoire m'a interpellée. Comment un artiste peut-il s'épuiser à créer ? Murakami a admis s'être soumis aux critiques et aux lois du marché international pour rester dans la course, pour s'assurer et se rassurer de sa popularité. Sa créativité ne lui appartenait plus. Il a vendu son âme au diable...

La créativité est un état d'esprit ; 

elle est guidée par l'intuition pure.

Créer fait partie tout d'abord d'un processus, qui n'a pas forcément pour objectif la nouveauté ou l'originalité. 

Créer comprend des étapes plus ou moins longues, parfois en opposition avec les demandes d'un marché avide de nouveautés.

En plus du processus qui la constitue, la créativité est un état d'esprit totalement libéré de freins mentaux. Elle agit en dehors des attentes externes. Elle s'exprime à travers le corps et la pensée. Elle est guidée par l'intuition pure. Elle demande des phases de gestation et des phases d'expérimentation : construction / déconstruction / reconstruction, répétitions, raffinement… Elle est liberté et intuition. 

Par exemple, je sais quand j'arrive au bout de mon processus créatif:  je souris, d'un sourire qui vient du fond des tripes ou de d'au-delà du cosmos. Et la joie parfaite me dit : "c'est bon comme ça, on arrête". J'arrête.

Ce mois-ci, je présente BREVES DES COSMES, un travail en techniques mixtes. Le lien vous emmène sur la vitrine de mon portfolio pour le découvrir.