La sérigraphie

22/09/2018

Histoires & techniques

Bien que la sérigraphie soit une invention chinoise qui remonte au Xe siècle, on la rattache immédiatement aux œuvres d'Andy Warhol ou de Roy Lichtenstein. Avec cette technique de pochoirs pour posters et impressions sur textiles, les artistes américains du Pop Art ont élevé la sérigraphie au même rang que celui de la gravure.

Que ce soit pour le textile ou pour la signalétique, la sérigraphie industrielle a permis la reproductibilité des images à grande échelle. Aujourd'hui, elle est dépassée par la cadence des impressions numériques et UV.

On comprend pourquoi la sérigraphie d'Art peut souffrir d'amalgames liés aux pratiques industrielles qui lui sont associées. 

Pourtant, elle prend sa place au sein des milieux artistiques, notamment dans les concours de gravure, sous la terminologie d'images imprimées. Sous-entendu : imprimées manuellement par l'artiste ou par ses trois assistants ;-)

Print making base, International Artists village, Guanlan, China, EE16 Sun
Print making base, International Artists village, Guanlan, China, EE16 Sun

Avec la sérigraphie, il est question de séries ! Il revient à l'artiste le choix du nombre d'estampes imprimées et limitées.

En 1935, Walter Benjamin, écrit un essai L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, en référence à la photographie et au cinéma : “À la plus parfaite reproduction il manquera toujours une chose : le hic et nunc de l'œuvre d'art, l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve.“

Cette question de la reproductibilité m'a encouragée à prendre position. C'est pourquoi j'utilise la sérigraphie plus pour l'étendue de ses possibilités d'impression que pour la reproductibilité. Je préfère créer de multiples estampes originales à la manière de la variation sur un même thème que l'on retrouve en musique. 

Mes tirages dépassent rarement la douzaine. 

Atelier de sérigraphie de Jeanine Cohen, Académie de Watermael-Boitsfort, Bruxelles.
Atelier de sérigraphie de Jeanine Cohen, Académie de Watermael-Boitsfort, Bruxelles.

La technique résumée

Sur un écran (originellement de soie, aujourd'hui en polyester) préalablement enduit d'une émulsion photo-sensible, une image prédéfinie ou un objet sont "insolés". L'image ou l'objet sont alors comme gravés sur l'écran. Les encres à solvant ou à l'eau sont disposées sur l'écran. À l'aide d'une racle, l'artiste va déposer l'encre, suivant l'image gravée, sur la surface à imprimer (papier, carton, plexi, bois...). L'opération sera répétée autant de fois qu'on le souhaite. L'artiste changera par exemple la couleur, la disposition de la surface à imprimer et beaucoup d'autres possibilités… Extraordinairement riche, cette technique permet les expressions artistiques des plus simples aux plus complexes, des monotypes aux éditions limitées.